vendredi 9 octobre 2015

ATREIDES, Dame Chani (10177-10209)



ATREIDES, Dame Chani (10177-10209)
     Née au sietch Tabr, Chani était la fille de Liet Kynes, le planétologue Impérial et leader secret des fremen, et de falra, une femme de Tabr qui avait grandi aux côtés de Liet-Kynes. Stilgar, naib du sietch et frère de sang de son père, était le parrain de Chani tandis que l’épouse du naib, Misra, était la marraine qui avait accompli le rituel de l’Eau de la Conception pour la nouvelle-née.

     Liet-Kynes était souvent absent du sietch, et Chani était soignée principalement par Falra, avec l’aide de Misra et d’une autre femme. (Bien que les enfants fremen soient élevés par le couple parental et non par la collectivité, tous les adultes de la communauté acceptaient une certaine responsabilité pour le bien-être de chaque enfant ; plus la parenté était proche, plus l’obligation était grande). Elle apprit rapidement les premières leçons que les enfants fremen apprenaient : que pleurer n’était pas autorisé car cela gaspillait l’humidité du corps et que le gaspillage d’eau sous quelques formes, était un pécher impardonnable. Elle grandit naturellement et devint de plus en plus indépendant, l’indépendance étant encouragée dans tous les sietchs, afin que les jeunes ne deviennent pas un fardeau pour la tribu. Les fremen avaient appris, des siècles plus tôt, que les enfants faibles et dépendants pourraient compromettre un sietch tout en exigeant du temps et de l’attention que leurs parents ne pouvaient leur accorder tout en continuant à contribuer au bien-être de la tribu.
     Falra mourut dans un éboulement, alors que Chani n’avait que trois ans, elle fut alors intégrées à la maison de Stigar ; Chani était bien plus en mesure de faire face à cette épreuve que la plupart des enfants hors-monde du même âge. Chani assista à la cérémonie de libération de l’esprit de sa mère sans pleurer, ne comprenant que vaguement ce qui se passait. En quelques semaines, elle s’intégra à la maison de Stilgar, si bien que lui et ses femmes auraient trouvés difficile de l’imaginer autrement qu’avec eux.
     Liet-Kynes rendait visite à sa fille chaque fois que c’était possible, parfois il volait un jour à son travail dans les palmeraies et faisait le voyage jusqu’au sietch Tabr. L’esprit vif de sa fille était une source de grande fierté pour lui et il l’enlevait de temps en temps pour l’emmener avec lui sur le site des plantations, il lui montrait l’expansion des palmeraies et lui racontait comment elles changeraient un jour le visage d’Arrakis. Chani acceptait ces escapades comme un cadeau et se rappelait tout ce qu’il lui montrait.
     Le plus beau cadeau que lui fit son père, fut cet héritage qu’il lui laissait. Après en avoir parlé avec Stilgar, Liet-Kynes décida de ne pas parler à Chani des autres aspects de sa vie, du monde qui comprenait le service de l’Empereur et tous les devoirs qui en découlaient. Liet-Kynes était satisfait de la façon dont son père avait arrangé sa vie – le laisser être élevé par les fremen, devenir l’un d’entre eux, tout en lui rappelant qu’il était destiné à servir l’Empereur – il choisit de ne pas en faire de même pour sa fille. Les femmes fremen occupaient souvent des postes importants, en particulier les sayyadina, mais il y avait peu de chance qu’une femme occupe le poste de leader, comme l’était Liet-Kynes. En outre, il pensait que les fremen de la génération de Chani n’auraient plus besoin d’un leader avec un pied dans chaque monde. Ils seraient capables de poursuivre la transformation écologique de leur propre chef. Chani serait libre de vivre entièrement comme une vraie fremen.
     Mis à part sa relation avec Liet-Kynes, Chani vivait comme tous les autres enfants de sexe féminin dans le sietch Tabr. A l’âge de cinq ans, elle aidait à soigner les jardins du sietch, capturant les truites des sables pour récupérer leur eau dans les distilles de mort et achevant les ennemis blessés sur les champs de bataille (leurs corps étant destinés au même endroit que les truites). Au cours des années suivantes, elle apprit à tisser, faire du café, faire et réparer les distilles – en bref, effectuer les tâches de chaque profession comme chaque adulte pouvait le faire.
     Quand elle atteignit la puberté, Chani fut confiée, avec un petit groupe de jeunes filles de son âge, à la Révérende Mère Ramallo du sietch Tabr. Leur dernier jour avec la Révérende Mère, les filles partirent en hajra, un court pèlerinage, à l’un des bassins de rétention de la tribu, la Révérende Mère Ramallo, avec ses élèves assises autour d’elle, avait convertit une petite quantité d’Eau de Vie et demande à chacune d’en boire. Tandis que les filles entraient dans la transe induite par la drogue, elle leur parla brièvement de l’eau dans le bassin, leur rappelant qu’il portait leur vie future dans ses profondeurs aussi sûrement que chacune d’elle portait une petite partie de ce futur dans leur propre corps.
     Ce discours était un stratagème pour détendre les filles et détourner leur esprit des questions importantes. Alors qu’elles réfléchissaient ensemble à l’avenir de la tribu, la Révérende Mère étudiait, sondait et observait, dans l’espoir d’en trouver une dans le groupe qui pourrait éventuellement prendre sa place. La nécessité de trouver une telle candidate était devenue urgente : la Révérende Mère Ramallo était une vieille femme qui avait eu la malchance, quelques années auparavant, de perdre son apprentie, sa sayyadina, lors d’une explosion dans une usine du sietch.
Chani, comme pu le constater la Révérende Mère, montrait de nombreuses qualités nécessaires à une sayyadina. Elle possédait le courage, l’intelligence et la compassion, elle était capable de mettre sa vie en jeu pour la survie de son peuple. Avec un énorme soulagement, Ramallo décida de l’initier lors de la prochaine assemblée tribale.
     En 10191, moins de trois mois après son retour au sietch Tabr, Chani fut rattrapée par la réalité, la trêve consentie par la Maison des Atréides prit fin  avec l’attaque de cette Maison par la coalition Harkonnen/Sardaukars. Le sietch Tabr était bien en dehors des zones de combat, mais Stilgar avait reçu l’ordre de Liet-Kynes, de prendre une troupe et d’aller dans le désert à la recherche de Paul Atréides et de sa mère, Dame Jessica. Son ordre mentionnait que Stilgar devait prendre Chani dans la troupe, requête qui avait été appuyée par la Révérende Mère. Dame Jessica était connue pour être une Bene Gesserit, et les messages envoyés vers le sietch Tabr par la shadout Mapes indiquaient que Jessica pouvait être quelque chose de plus. Quelle que soit l’issue de cette recherche, la Révérende Mère voulait entendre les impressions de Chani sur cette rencontre, car elle ne pouvait y assister elle-même. (Ramallo n’avait pas quitté le sietch, sauf en palanquin, depuis de nombreuses années).
     Lors de cette première rencontre sur le chemin de retour vers le sietch Tabr, Chani fut plus impressionnée par Dame Jessica que par son fils. L’Atréides était un beau garçon, pas plus âgé qu’elle ne l’était et les murmures qui en faisaient le Lisan al-Gaib l’émerveillaient. Mais la femme, la sayyadina hors-freyn, avait battu Stilgar – Stilgar ! – en combat singulier, en utilisant son art étrange. Aucune autre femme, à la connaissance de Chani, n’avait jamais envisagé un tel combat contre un naib fremen. Elle étudia cette femme hors-monde avec un mélange de peur et de crainte, et aurait beaucoup à dire à son institutrice, à son retour à la maison.
     Lorsque Paul tua Jamis, après que le colérique fremen l’ait défié pour être le champion de Jessica, comme dans la légende, Chani fut contrainte de le reconsidérer. Après tout, ce hors-monde prétendument doux, avait réussi à tuer un fremen adulte avec un couteau, en s’en tirant lui-même avec une simple égratignure. Mais ce ne fut que lorsque sa mère « passa » Révérende Mère et prit la place de Ramallo (la vieille femme ne put survivre assez longtemps pour que Chani puisse lui succéder), que Chani réalisa que Paul allait dominer le reste de sa vie.
     La nouvelle Révérende Mère avait converti l’Eau de Vie pour la tribu et la distribua pour induire l’orgie d’épice – la communion des esprits qui liait intimement les fremen entre eux. Sensible à la volonté des autres, Chani entraîna Usul, nom sous lequel Paul était maintenant connu de la tribu, permettant à la tribu de jouir de leur communion sans les notes discordantes d’un esprit encore étranger .Les deux jeunes gens se retirèrent dans les appartements privés de Chani, où la présence du reste de la tribu ne pouvait guère se faire sentir.
     Chani, maintenant complètement orpheline, lui rappela qu’ils étaient semblables en une chose : chacun avait perdu un père par la main des Harkonnen. Paul lui révéla alors qu’il avait eu des visions où il avait des liens très étroits avec elle. Perdue dans la transe d’épice, Chani partagea les visions et se trouva unie dans le tau fremen avec ce nouveau venu ; ils étaient, dorénavant, inséparables.
     Les deux années suivantes, furent les plus joyeuses et les plus effrayantes de la vie de Chani. Elle devint la compagne d’Usul, malgré les réticences de la Révérende Mère Jessica concernant leur « mariage de jeunesse ». Elle regardait la légende et le pouvoir grandir autour de lui, se réjouissant de sa force et exultant lors de ses victoires. Elle continua à asseoir son statut auprès des tribus, parfois en combattant à sa place les challengers qu’elle jugeait indignes de lui faire face et les envoyaient elle-même au distille de mort. Ce fut durant cette période qu’elle lui donna un fils, un premier-né nommé Leto, en l’honneur du Duc martyrisé. Mais il y eu aussi la terreur durant ces années. Usul, bien qu’il ne fut pas né fremen, devait se comporter comme l’un des leurs, sous perdre son emprise sur les tribus – cette adaptation l’obligeait à apprendre, plus tardivement que de coutume, les choses qu’avaient appris ces hommes libres – Chani fut la sayyadina au rite du matin lorsqu’Usul devint un chevaucheur des sables, appeler et contrôler l’énorme vers des sables terrifiait tout le monde, sauf les fremen. Elle fut l’un des observateur les plus inquiets de la lutte entre son compagnon et Stilgar, son oncle et naib.
     Le moment le plus effrayant de tous fut lorsqu’elle fut convoquée pour aider Paul qui dormait dans les « Eaux de la Vie » depuis trois semaines. Il reprit conscience seulement après que Chani ait testé ses réactions au poison d’illumination à l’état brut, ce que Jessica n’aurait jamais pensé à essayer. La jeune femme, élevée dans les légendes fremen du Mahdi, reconnu l’apparent coma et réalisa que Paul avait essayé de convertir l’eau brute, cela aurait été tout à fait dans sa nature de penser qu’il pouvait gagner un tel combat.
     Cette période tumultueuse prit fin avec la Bataille finale d’Arrakis en 10193, lorsque Paul Atréides arracha le contrôle de la planète et de l’épice à Shaddam IV qui fut forcé d’abdiquer. Chani ne put trouver de réconfort qu’en présence de Paul et non de son triomphe : avec la mort de leur petit Leto, l’une des victimes de la bataille, elle ne pouvait pas se réjouir de la victoire.
     Quand elle rapporta la nouvelle de son enfant mort à son Usul – il connaissait déjà la nouvelle et partageait sa douleur – elle demanda aux fremen d’attendre er resta avec Paul un moment, en silence. La perte de son fils avait cassé une réserve qui avait résisté à la mort de sa mère, de son père et des compagnons de sietch. Chani donna son eau aux morts, en laissant couler ses larmes, comme si un sacrifice si précieux pouvait persuader Shai-hulud de la libérer de sa douleur.
     Pendant les trois années de négociation précédant l’acceptation officielle de Paul par le Lansraad et la Gulde Spatiale, Chani assista Dame Jessica dans ses négociations avec l’Empereur déchu. (Jessica disait souvent, après des discussions interminables qui s’achevaient, qu’elle espérait ne jamais avoir à négocier n’importe quels termes de contrats contre un fremen, car leur férocité au combat n’était rien devant leur détermination à une table de négociation. Bien que les compétences de Jessica dans de telles matières ne dussent pas être mises en doute, nous pouvons sans risque, supposer que beaucoup de concessions furent accordées au nouvel Empereur grâce à sa concubine fremen.
     Chani eu d’autres préoccupations au cours de ces années, au-delà de celles de négociateur. Cinq attentats furent perpétrés contre la vie de la Concubine Royale ; une fois, le soi-disant assassin réussit à infiltrer ses appartements et aurait pu réussir s’il avait été plus expert dans le maniement des armes. Chani réussit à l’éliminer avec son krys et fit irruption dans la salle du conseil, sans même une pause pour changer de robe. En la voyant entrer en trombe dans la pièce, tâchée du sang de son assaillant, sa main toujours en équilibre sur la poignée du krys rengainé, jeta un trouble autour de la table. Dans la confusion, Dame Jessica – comme Chani avait prévu qu’elle ferait – concentra son attention sur Irulan qui serait bientôt la Princesse Consort en titre de Paul. La Princesse fut véritablement abasourdie, mais Jessica ne fut pas convaincue de l’innocence d’Irulan, elle avait remarqué la brève expression de plaisir surpris qui lui avait échappé avant que son contrôle Bene Gesserit ne reprenne le dessus. Bien qu’Irulan n’ait rien tenté, elle était assez irritée du rôle secondaire qui lui avait été attribué pour être enchantée que la tentative réussisse. Pendant les douze années après le début du règne légal de son compagnon, en 10196, Chani lui servit de femme, de compagne et de conseillère – mais jamais, en dépit de leurs efforts, celui de mère de ses héritiers royaux. Ils étaient certains qu’aucun d’entre eux n’étaient stériles. La grossesse de Chani pour Leto avait été rapide et sans complication qui aurait pu la rendre stérile. Bien qu’ils aient pratiqué la contraception à la manière fremen pendant toutes les années où l’attention de Chani était pleinement requise pour les négociations, ils avaient arrêté depuis et le fait de ne pas avoir encore d’enfant était une source de mystère et de beaucoup de douleur.
     Chani était si affligée par son incapacité à donner un héritier à la Maison des Atréides, qu’elle en vint à envisager la possibilité pour son compagnon de prendre quelqu’un d’autre. Malgré son dégout à la pensée de Paul faisant d’Irulan sa femme de fait, Chani suggéra à Paul qu’il laisse à Irulan une chance de lui donner un enfant. Bien qu’en colère et méfiant qu’Irulan ait pu utiliser Chani pour faire avancer ses projets de pouvoir, l’Empereur fut rapidement convaincu que sa concubine voulait seulement assurer le trône pour une lignée d’Empereurs Atréides et avait vu Irulan comme une source logique pour la descendance si elle continuait à na pas pouvoir avoir d’enfant.
     Paul refusa de considérer l’idée, en tournant les arguments de Chani en sa faveur. Irulan, lui dit-il, était trop dangereuse ; si elle devait porter un enfant, sa position serait trop renforcée. (Ceci était avant la complicité de la Princesse dans le complot visant à le renverser – preuve, s’il en est que cela fut la raison de son ressentiment à son encontre, qu’elle reconnut). Seule Chani lui donnerait l’héritier qu’il voulait et el était prêt à attendre pour leur enfant.
     Convaincue que les médecins Impériaux ne pouvaient être d’aucune aide pour elle, Chani revint aux traditions de son peuple. Elle fit une visite en bordure du désert et pria Shai-hulud de lui donner un enfant. Elle consulta les femmes les plus âgées des tribus, écouta leurs conseils et démarra un régime alimentaire spécial, supposé favoriser la fertilité. Les ingrédients dont elle avait besoin lui furent portés personnellement par des gens de confiance du sietch Tabr, « et Chani prépara ses repas elle-même, ne permettant à personne de toucher à la nourriture ».
     Le régime marcha ; Chani fut enceinte quelques semaines après l’abandon de sa nourriture habituelle. Cependant, au cours de la première consultation avec les médecins qui suivaient la conception, des traces de drogue contraceptive puissante (désormais chassée de son corps par son nouveau régime), furent découvertes.
     L’ingestion à long terme du contraceptif avait nui à Chani, principalement par l’interaction avec le mélange dont son corps était saturé. Dès l’instant où les fœtus furent dans son ventre, le métabolisme de Chani fut accéléré de manière terrifiante. Les médecins lui dirent qu’elle devrait manger trois à quatre fois la nourriture qu’elle aurait consommée normalement, avec des doses de plus en plus importantes d’épice. Neuf mois, ce temps était beaucoup plus long que cette grossesse allait durer : en supposant qu’elle survive, les enfants de Chani seraient nés en moins de six mois.
     Aucun mentat n’était nécessaire pour voir qui avait le plus à gagner dans la stérilité de Chani, ou qui, résidant dans une autre partie du Donjon, avait eu les meilleurs occasions de glisser le contraceptif dans la nourriture de la concubine royale. Si Usul ne lui avait pas demandé d’épargner Irulan, Chani n’aurait pas trouvé de repos avant qu’elle n’ait prit la vie de la Princesse Corrino avec la lame de son krys. Mais la vengeance n’aurait pas calmé la haine que ressentait Chani envers l’épouse royale.
     La plus grande partie du semestre qui suivit fut comme un rêve pour Chani. Les problèmes  extérieurs – l’avancement du complot contre l’Empereur, la cécité d’Usul lors d’une attaque au brûle-pierres – persistaient et ne pouvaient être ignorés. Tout cela l’affectait, mais de loin, il aurait fallu d’abord briser la barrière  de préoccupations que cette grossesse ultra-rapide lui imposait. Ses émotions changeaient si rapidement qu’elle n’était plus certaine de ce qu’elle ressentait, ni pourquoi. Une fois, après avoir raillé Paul de porter une vieille veste minable et s’étant entendu répondre que « même un Empereur a son vêtement favori », elle se trouva en train de donner de l’eau aux morts – elle, un fremen ! Un brouillard l’entourait, limitait sa vision, jusqu’à ce qu’elle ne put plus rien voir au-delà de la naissance. Sa vie, dit-elle une fois à Paul, recommencerait à partir de ce jour. Le silence de Paul qui suivit la remarque ne fit qu’ajouter à sa confusion.
     Paul retourna avec elle au sietch Tabr pour que les enfants puissent naître dans un sietch, comme elle. Le moment vint de façon inattendue alors qu’elle parlait avec le ghola Duncan Idaho, qui la ramena au sietch de l’endroit qu’elle avait choisi pour regarder le désert. Sa dernière pensée, avant de s’abandonner au travail abrutissant, fut qu’elle n’avait jamais pensé à demander à Usul s’il savait qu’elle portait des jumeaux. Il avait toujours parlé de leur enfant, au singulier, il était impossible qu’il ne connaisse pas la vérité.
     Moins d’une heure après le début des contractions, le fils et la fille de Chani étaient nés. Maigres mais en bonne santé, ils passèrent leurs premières minutes de vie à pleurer et boire l’eau de leur conception, nourris par leur marraine Harah. Ils ne purent partager plus que ces minutes avec leur mère : Chani, après avoir appelé son Usul, mourut d’avoir donné naissance aux enfants que Paul appela Leto et Ghanima.
     Même avec la mort de Chani, son rôle de pion dans le jeu de l’Empire ne pris pas fin. C’est avec la perspective de restaurer sa chair comme ghola que Scytale, le Danseur-Visage, négocia en premier avec Alia puis avec les hommes de Paul. Bijaz, le nain destiné à déclencher Duncan Idaho à attaquer Paul, encore une fois, offrit une renaissance de cette chair, après que Paul ait tué le Danseur-Visage. Duncan tua Bijaz, mettant son maître hors de portée de la tentation, puis le corps de Chani fut emmené au distille de mort.
     Lors de la cérémonie, qui s’était tenue en soirée, pour libérer l’esprit de chani, la Princesse Irulan étonna les amis de Chani, qui s’étaient rassemblés pour le rituel, en rejoignant leur cercle. Il y eu des murmures quant à sa présence, et de la colère, car ils croyaient qu’elle voulait souiller le rituel et apporter le malheur sur eux.
     Leurs préoccupations se révélèrent infondées.  Quand son tour vint, l’épouse royale se leva de son siège, s’approcha de la pile de possessions de Chani qui étaient entassées sur le sol de la caverne, et ramassa un petit pendentif de pierre, « j’étais une amie de Chani », dit-elle et la maîtrise habituelle de sa voix parût moins assurée alors qu’elle prononçait ces mots peu familiers, « elle m’apprit que la noblesse et la noble naissance sont deux choses très différentes, et j’ai appris quelque chose sur moi-même ». Puis, parlan fremen d’une voix hésitante, elle dit : « Ish yara al-ahdab hadbat-u » - « un bossu ne voit pas sa propre bosse ».
     Ce fut le premier signe de la défection d’Irulan, ce changement de camp s’opéra lorsqu’elle devint l’une des adultes responsables des jumeaux de Paul et de Chani. Et même Alia, qu’Harah avait retenue de conduire Irulan hors de la caverne, ne put disputer la justesse de l’épitaphe.

Autres références :
-          Atreides, Dame Jessica;
-          Atreides, Paul Muad'Dib;
-          La menstruation fremen;
-          Coutumes de l'eau Fremen;
-          Corrino, Irulan;
-          Stilgar;
-          Irulan Atréides-Corrino Muad'Dib, commentaires de famille, Lib. Conf. Temp. Série 437;
-          Irulan, Muad'Dib, L'Homme, tr. Mityau Gwulador, études Arrakis 4 (Grumman: Worlds Unies);
-          Al-Ada, Harq, La Mère de Dieu (Grumman: Sterne).

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