jeudi 15 septembre 2016

Onn


Onn

  La ville festive dont la conception et la construction furent ordonnées par Leto II en 10592 est, peut-être, le plus grand projet de construction à but unique de toute l’histoire. Onn abritait l’école-mère des Truitesses, les ambassades des hors-monde, les cadres de l’administration centrale, les sièges sociaux commerciaux, les musées et bibliothèques, mais ces installations ne couvraient que 10% de la ville. Le but premier d’Onn était de pouvoir accueillir le festival décennal de Leto, et sa construction était centrée sur une chose : que l’Empereur-Dieu puisse être vu de tout le public.

  Au centre de la ville se trouvait une gigantesque place mesurant 2 km, entourée de balcons, et les gradins pouvaient accueillir des centaines de milliers de sujets de Leto ; l’assistance était décuplée par des projecteurs ixiens placés sur toute l’esplanade. Les projecteurs envoyaient des images de la place dans les appartements tout autour, qui étaient occupés par ceux considérés comme sans importance ou qui n’étaient pas dans les bonnes grâces et qui ne méritaient donc pas de voir Leto en direct.

  A un endroit précis de la place et à une heure fixée, la visualisation commençait (ou le Grand Partage, comme on l’appelait souvent), Leto montait de la chambre sacrée située sous la place, au moyen d’une trappe spéciale. Un monte-charge s’élevait, fournissant une vision claire à tous ceux qui observaient. Aucun dispositif de protection n’était utilisé durant cette démonstration ; Leto reposait sur la scène, sans même le blindage de son Chariot Royal, entre lui et ceux qui étaient présent. Il restait à ce poste durant deux heures, période pendant laquelle ses sujets pouvaient aller et venir librement. A aucun moment, au cours de la cérémonie, on ne vérifiait si l’un d’eux avait des armes et on n’empêchait pas les curieux de se pencher aux balcons pour avoir une meilleure vue.

  Une légende entretenue par l’Empereur-Dieu comparait la visualisation avec un rituel qu’avait un ancien dirigeant : une nuit par an, il sortait non protégé et marchait parmi ses sujets. Le dirigeant était vêtu d’un costume luminescent alors que ses sujets (que l’on ne fouillait pas) étaient vêtus de noir et déambulaient dans les rues. Selon la légende, si le dirigeant survivait à cette marche, il était considéré comme un bon souverain ; en parallèle, si l’Empereur-Dieu survivait à cette exposition, c’était à cause de l’amour et de la fidélité de ceux qu’il gouvernait.

  La seconde raison à cet emplacement immense était que la ville festive servait d’emplacement pour le Siaynoq. Cette cérémonie réservée aux Truitesses, se déroulait avant la visualisation, dans la chambre sacrée située sous la place.

  Durant les années entre les festivités, tous les secteurs de la ville, autres que ceux occupés par les quelques locataires à demeure – secteurs qui représentaient plus de 250 km² - étaient fermés. Du personnel maintenait en l’état les secteurs fermés, et gardait la ville prête pour les festivités de la décennie suivante, mais les travailleurs eux-mêmes résidaient dans les banlieues ; l’Empereur-Dieu refusait que sa Cité Festive puisse être utilisée à d’autres fins.

  La sécurité était assurée par la garnison d’Onn, un groupe de Truitesses secondaire qui était attaché à la garde de la Citadelle dans les rangs des forces armées de Leto. Ces femmes patrouillaient dans les rues, gardaient toutes les entrées non autorisées et maintenaient l’ordre dans divers secteurs qu’occupaient les quartiers des ambassades. Bien qu’il y ait eu relativement peu d’attaques, principalement à cause d’une protection rigoureuse des Truitesses, celles qui eurent lieu furent généralement d’une violence extrême. L’exemple le plus connu est, peut-être, celui de la rébellion de Sargus en 12293, quand en groupe de mécontents commandé par une renégate Bene Gesserit et un ghola Idaho, tentèrent de démolir l’école des Truitesses avec un stock d’explosifs piraté. La tentative manqua de peu de réussir et fut déjouée uniquement à cause de la défection d’un membre mineur de la conspiration.

  Les truitesses, outrées par cette attaque contre leur Dieu, firent appel à des volontaires qui se rendirent sourdes pour se protéger contre la Voix et agressèrent l’ambassade Bene Gesserit. Lorsque l’Empereur-Dieu ordonna à ses troupes de se retirer, le ghola Idaho et toutes les Bene Gesserit, de la Révérende Mère à l’acolyte la plus modeste, toutes avaient été tué. Leto gagna une hostilité éternelle d’un grand nombre de Sœurs en rendant hommage à ses soldats et en exigeant des excuses de Wallach IX avant d’autorises une nouvelle délégation à venir sur Arrakis.

  Après la chute de l’Empereur-Dieu, Onn subit une série de changements drastiques. L’école des Truitesses fut fermée ; la chambre sacrée fut scellée ; la place fut radicalement repensée, avec une grande partie de la surface couverte utilisée comme site de construction. La colonisation de la plupart des bâtiments utilisés fut encouragée et, en quelques décennies, la ville fut impossible à distinguer d’une autre ville sur la planète.

  A l’aide de cartes et de schémas trouvés dans le Trésor de Rakis, les archéologues localisèrent les secteurs de la ville qui étaient autrefois occupés par la chambre sacrée et les autres lieux importants de la ville durant ses millénaires d’utilisation pour les festivités. Les fouilles qui doivent encore faire la lumière sur l’histoire d’Onn devraient commencer au début de l’année prochaine ; en raison de ses plans, les sites ont été nettoyés et sont maintenant aussi vides qu’ils l’étaient au cours des années entre les festivités de l’époque de l’Empereur-Dieu. C.W.

 

Autres références :

  • Truitesses, Les ;
  • Siaynoq ;
  • Mustava S. Aletari, La psychologie des rituels politiques (Chusuk : Salrejina) ;
  • Krosta Frenalaz, Fouilles à Onn, archéologie 91 :17-34.

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