lundi 12 septembre 2016

Histoire Officielle, L’



Histoire Officielle, L’
  C’est un rapport impérial annuel autorisé, publié de 8954 à 10201 à Irstendal sur Kaitain, et de 10202 à 13724 à Arrakeen sur Arrakis ; son titre officiel était Le Livre source annuel impérial et La Collecte statistique.
  Les volumes annuels, connus officieusement comme l’Histoire Officielle, sont parmi les plus complets, qui font autorité, pourtant, ils furent souvent peu fiables comme source d’information sur la dynastie des Atréides. L’histoire officielle, comme beaucoup d’institutions sous le règne de Leto II, était un héritage de ses prédécesseurs, adapté à ses propres fins. A l’origine, les compilations annuelles étaient destinées à rapporter autant d’informations fiables sur l’année écoulée dans l’Impérium, comme pouvaient être idéalement présentés les volumes.
  Mais l’Histoire Officielle n’atteignit pas cette forme immédiatement. Les Empereurs Corrino avaient compris qu’aucun gouvernement ne pouvait survivre sans nouvelles précises et opportunes et ils recueillirent des données régulièrement. Chaque année, ce que l’on appelait « Les rapports planétaires » arrivaient sur Kaitain de tout le royaume. Ces rapports étaient eux-mêmes des condensations : si les dossiers gardaient leur forme pleine, le poids des matériaux aurait été considérable, les rapports planétaires étaient donc résumés, réduits à l’essentiel. En 3540, le département impérial des enregistrements forma des bureaucrates (modelant la formation sur l’enseignement initial des mentats) dans la préparation de résumés.
  Lorsque les rapports planétaires atteignaient Kaitain, ils étaient à nouveau résumés pour être présentés à l’Empereur, qui les étudiait ou les ignorait selon ses caprices, le goût ou l’humeur du jour. Au début du règne de Corrin XX (8923), ces résumés furent rassemblés dans un volume annuel. L’Enregistrement ou La Collecte statistique, comme on le nomma, était un outil bibliographique inestimable pour les chercheurs dans tous les domaines. Il invitait ceux qui avaient une autorisation et un désir, vers des rapports plus circonstanciés contenant les détails dont ils avaient besoin ; il donnait un aperçu des affaires impériales qui ne pouvaient correspondre à aucun autre travail.
  Le Chambellan de Avelard XVIII, Venoshi Myuurak, vit ces dossiers comme une occasion de présenter les activités impériales sous un jour favorable et il institua la première des nombreuses perversions forgées sur le malheureux ouvrage de référence. Il ordonna son élargissement à deux volumes, le second étant l’enregistrement statistique dans sa forme actuelle, mais le premier – Le Livre source – était une description en prose des entreprises que le gouvernement voulait faire connaître. Puisque le travail était largement diffusé sous une forme durable, sa valeur de propagande, même si elle n’était pas immédiate, était considérable sur le long terme. Il apparut pour la première fois en deux volumes avec son titre officiel, en 9175. Il fallut attendre une année de plus pour que Myuurak voit son ouvrage.
  Telle était la situation de l’Histoire Officielle lors de l’arrivée au pouvoir de Paul Atréides. Au cours du siècle suivant (approximativement entre 10200 et 10300) alors que les bureaucrates des Corrino partaient soit en retraite, soit mouraient, leurs postes furent repris par les fremen, le contenu du deuxième volume en vint de plus en plus à ressembler au premier. L’ouvrage de référence n’avait jamais été bien plus qu’une chronique des mesures gouvernementales dans l’ensemble de l’Impérium, et Leto continua à utiliser pour proclamer et justifier ses innovations. Par exemple, après la formation des Truitesses et durant toute la décennie suivante, toute l’attention était consacrée à l’Histoire Officielle et le mécontentement secret désignant le Livre Source sous le nom de Le Livre de la force des Amazones. Mais le second volume avait des utilisations légitimes et maintenait une discrète différence par rapport à son compagnon plus politisé. Leto le changea. Il dédaignait sa nature sarcastique – à la lumière des récentes preuves ; mais même les Découvertes de Rakis n’ont pas encore pu confirmer sa remarque apocryphe « Qui s’inquiète de combien de schlags il y a sur Tupile ? ».
  Après 10700, les informations contenues dans les deux volumes sont suspectées d’avoir été fabriquées et ne devraient pas être acceptées sans une confirmation indépendante. Jusqu’à présent, seule l’Histoire Orale pouvait fournir cette vérification nécessaire, mais la bibliothèque de Dar-es-Balat offre aujourd’hui une troisième source, une histoire plus honnête des fonctionnaires, et plus complète que l’histoire orale. La comparaison des déclarations de l’histoire officielle avec les dossiers de Dar-es-Balat prendra des décennies – mais le jour est désormais en vue où les chercheurs de milliers de mondes pourront remplacer l’histoire officielle par l’histoire vraie du règne de Leto. W.E.M.

Autres références :
-          Histoire Orale, L’ ;
-          Lors Karden, Vérité et fantaisie dans l’Histoire Orale (Yorba : Rose) ;
-          Lors Karden, Réalité et fiction dans l’Histoire Formelle (Yorba : Rose).


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