mardi 28 février 2017

1 - Et l'homme créa un dieu (citations)

Et l'homme créa un dieu - Frank Herbert

Citations de début de chapitres


Il faut comprendre que la paix est une affaire interne. Elle doit être une autodiscipline, tant pour l'individu que pour la civilisation tout entière. Elle doit venir de l'intérieur. Si l'on instaure un pouvoir extérieur pour imposer la paix, ce pouvoir ne pourra que devenir de plus en plus contraignant. Il n'y a pas d'alternative. Il en résultera inéluctablement une explosion, un cataclysme et le chaos. Ainsi va notre univers. Lorsque l'on crée deux forces contraires, l'une doit écraser nécessairement l'autre, à moins que ces deux forces ne soient maintenues dans un délicat équilibre.
Les écrits de Diana Bullone
(Et l’homme créa un dieu, page de garde)

Pour devenir un dieu, toute créature vivante doit transcender le physique. Les trois étapes de cette voie transcendantale sont connues. Dans un premier temps, la créature devra prendre conscience de l’agression secrète. Ensuite, elle devra pénétrer les desseins existant dans la forme animale. Enfin, elle devra faire l’expérience de la mort. Lorsque cela sera accompli, le dieu naissant devra découvrir sa propre résurrection au cours d’une épreuve unique où lui sera dévoilé celui qui l’a appelé. 
La Fabrication d’un dieu (Le Livre d'Amel)
(Et l’homme créa un dieu, page 9)

Une religion exige nombre de connexités dichotomiques. Des croyants et des incroyants. Ceux qui connaissent les mystères et ceux qui seulement les craignent. L’initié et le profane. Elle exige à la fois un dieu et un diable. L’absolu et la relativité. Ce qui est informe (quoiqu’en cours de formation) et ce qui est formé. 
Le Génie religieux (Ecrits Secrets d'Amel)
(Et l’homme créa un dieu, page 12)

Quiconque a déjà senti sa peau parcourue de la conscience frissonnante d'une présence invisible connaît la sensation primaire de Psi
Halmyrach, Prieur d'Amel (Psi et religion, préface)
(Et l’homme créa un dieu, page 17)

L'un des problèmes majeurs lié à la construction d'une religion, pour n'importe quelle espèce, est de reconnaître et de s'abstenir d'interdire ces systèmes autorégulateurs propres aux espèces et dont dépend la survie de ces espèces.
Le Génie religieux (Manuel pratique)
(Et l’homme créa un dieu, page 28)

Toute créature pensante a besoin d'une religion, quelle qu'elle soit. 
Noah Arkwright (Les Ecrits fondamentaux d'Amel)
(Et l’homme créa un dieu, page 45)

Prosternez-vous devant Ullua, l'étoile vagabonde des Ayrbs. Qu'aucun blasphème ne soit proféré, qu'aucun blasphémateur ne vive; puisse le blasphème brûler la bouche. Les blasphémateurs sont maudits de Dieu et des élus. Puisse cette malédiction frapper le blasphémateur de la plante des pieds au sommet du crâne, qu'il dorme ou qu'il veille, qu'il soit assis ou qu'il soit debout...
Invocation du Jour de Bairam
(Et l’homme créa un dieu, page 59)

Parce que les premières manifestations Psi qui ont touché l'humanité venaient de l'inconnu, les associations émotionnelles primitives liées à Psi furent celles de la peur et de la projection mãyã des fausses réalités, celles des incubes et des succubes, des sorciers et des sabbats. Ces associations appartiennent à notre capital génétique, et notre espèce a une forte propension à renouveler les erreurs du passé. 
Halmyrach, Prieur d’Amel (Psi et Religion)
(Et l’homme créa un dieu, page 75)

C'est à travers la mort que l'on connaît la vie. Sans la constante présence de la mort, il ne peut y avoir ni vigilance, ni suprématie de la conscience, ni issue dans le labyrinthe des symboles pour le vide intégral. 
Royali : La Religion pour Tous (Entretien avec le Prieur)
(Et l’homme créa un dieu, page 80)

Au fur et à mesure que le glossaire mythologique définit notre   compréhension primaire de Psi, une transformation s'opère. Du grimoire se dégagent la curiosité et le glissement de la peur vers l'expérience. Les hommes osent alors explorer cette terrifiante frontière avec les outils analytiques de l'esprit. De ces tâtonnements encore très largement naïfs découlent les premiers manuels pragmatiques à partir desquels nous développons parallèlement Psi et la Religion. 
Halmyrach, Prieur d’Amel (Psi et Religion)
(Et l’homme créa un dieu, page 87)

Une partie de notre problème est centré sur l'effort d'introduire un contrôle extérieur sur un système-de-système qui doit être maintenu par des forces internes en équilibre. Nous ne cherchons ni à reconnaître ni à nous interdire d'inhiber ces systèmes autorégulateurs de nos espèces desquels dépend la survie de ces espèces. Nous ne tenons pas compte de nos propres fonctions de rétroaction. 
Lewis Orne (Réflexions sur Hamal)
(Et l’homme créa un dieu, page 90)

L'être humain fonctionne à partir de complexes exigences de supériorité, cherchant à s'affirmer au travers d'un rituel, insistant sur un besoin rationnel d'apprendre, s'efforçant d'atteindre des buts qu'il s'est lui-même fixés, manipulant son environnement tandis qu'il nie ses propres facultés d'adaptation, jamais pleinement satisfaites. 
Conférences d'Halmyrach (Publication privée des dossiers d'Amel)
(Et l’homme créa un dieu, page 93)

En termes de systèmes humains, la rétroaction implique de complexes processus inconscients, à la fois dans un sens individuel et dans un sens collectif ou social. Le fait que les individus peuvent être influencés par des forces inconscientes a été depuis longtemps démontré. Néanmoins, les processus à grande échelle et leur influence sont moins bien connus. Nous sommes enclins à ne les percevoir qu'à l'état latent, dans un sens statistique, au travers de courbes de population, d'évolution historique et de changements qui s'étirent sur des siècles. Nous imputons souvent de tels processus aux forces religieuses et nous avons tendance à éviter de les examiner avec un esprit analytique.
Conférences du Prieur (Collection privée)
(Et l’homme créa un dieu, page 106)

La musique est un élément essentiel à nombre d'expériences Psi qui sont désignées sous le nom de religion. A travers la force extatique les sonorités rythmiques, nous percevons un  appel dirigé vers des pouvoirs hors du temps, dépourvus des dimensions habituelles, largeur et longueur, emprisonnées dans l'état de matière, dans notre coin d'infini dimensionnel.
Noah Arkwright (Les Formes de Psi)
(Et l’homme créa un dieu, page 114)

Nous avons un très ancien proverbe : plus il y a Dieu, plus il y a diable ; plus il y a de chair, plus il y a de vers ; plus la propriété est vaste, plus vaste est l'anxiété ; plus il y a de contrainte, plus la contrainte est nécessaire. 
Les Prieurs d'Amel (Commentaires de Psi)
(Et l’homme créa un dieu, page 123)

Ceux qui recherchent la connaissance dans le but d'une récompense, et même en vérité la connaissance de Psi, ne font que répéter les erreurs des religions primitives. La connaissance issue de la peur ou de l'espoir d'une récompense vous enferme dans les rets de l'ignorance. C'est ainsi que les anciens ont appris à falsifier leurs vies. 
Les Maximes des Prieurs (L'Approche de Psi)
(Et l’homme créa un dieu, page 126)

Il y a un démon dans tout ce que nous ne comprenons pas. La trame de l'univers apparaît noire à l’œil qui refuse de voir. C'est ainsi que nous percevons un voile satanique d'où provient toute insécurité. C'est dans le tissu de menace constante que nous parachevons notre vision de l'enfer. Pour vaincre ce démon, nous recherchons l'illusion de la Connaissance intégrale. Face à un univers infini, imminent derrière le voile satanique, le Tout-Infini doit rester une illusion, seulement une illusion, et rien de plus. Si l'on accepte ceci, le voile tombe. 
Le Prieur Halmyrach (Religion au sein de Psi)
(Et l’homme créa un dieu, page 132)

La mort a de nombreux aspects : le Nirvâna, la roue sans fin de l'Existence, l'équilibre entre l'organisme et la pensée conçue comme activité pure, la tension/relaxation, la douleur et le plaisir, la recherche d'un but et l'abnégation. La liste est inépuisable. 
Noah Arkwright (Aspects de la Religion)
(Et l’homme créa un dieu, page 143)

Un univers sans guerres implique des concepts de masse critique appliqués aux êtres humains. Toute cause directe qui pourrait conduire à la guerre est toujours transformée, par un phénomène d'escalade, en questions de valeurs personnelles, en associations de synergie technologique, en interrogations de nature éthico-religieuse pour lesquelles sont ouvertes des zones de neutralisation, et où, inéluctablement, il reste les inconnues, omniprésentes et sans doute d'une insidieuse complexité. La situation humaine par rapport à la guerre peut être comparée à un système de feedback multilinéaire et sinusoïdal dans lequel rien n'est sans importance. 
"La Guerre, le Non-possible" (Manuel de l'I.N., chapitre IV)
(Et l’homme créa un dieu, page 155)

Lorsqu’un homme sage ne comprend pas, il dit : « Je ne comprends pas. » Le sot et l’inculte sont honteux de leur ignorance. Ils gardent le silence alors qu’une simple question pourrait leur apporter la sagesse. 
Maximes des Prieurs
(Et l’homme créa un dieu, page 165)

Nous venons de l'Etre Suprême et retournerons à l'Etre Suprême. Comment pourrions-nous cacher quoi que ce soit à la Source qui était et à la Fin qui est ?
Maximes des Prieurs
(Et l’homme créa un dieu, page 172)

Le jour est court, le travail est grand et les travailleurs sont paresseux, mais la récompense est immense et notre Maître nous exhorte à nous hâter. 
Les Ecrits du Prieur Halmyrach
(Et l’homme créa un dieu, page 175)

La trame de la violence létale massive, ce phénomène que l'on appelle guerre, est soudé par un syndrome de culpabilité/peur/haine qui se transmet, d'une manière comparable à une maladie, par le conditionnement social. Bien que l'absence d'immunité à cette maladie soit un fait typiquement humain, le mal lui-même n'est pas une condition nécessaire et naturelle à l'existence. Parmi ces schémas de conditionnement qui véhiculent le virus de la guerre, peuvent se trouver : la volonté de justifier les erreurs passées, des sentiments pharisaïques et le besoin de perpétuer de tels sentiments... 
Umbo Stetson (Conférences à l’Ecole Antiguerre)
(Et l’homme créa un dieu, page 186)

Qu’est-ce qui est le mieux : un bon ami, un bon cœur, un bon voisin, une bonne épouse, ou la compréhension des conséquences ? Rien de tout cela. Une âme chaude et sensible qui connaît la valeur de l’amitié et le prix de la dignité individuelle, voilà ce qui est le mieux. »
L’étudiant Bakrish à son gourou)
(Et l’homme créa un dieu, page 191)

L'enseignant qui n'apprend pas de son élève n'enseigne pas. L'élève qui ricane face au savoir vrai de son professeur est comme celui qui choisit les grappes vertes et dédaigne le doux fruit de la vigne qui a pu prendre le temps de parvenir à maturité.
Maximes des Prieurs
(Et l’homme créa un dieu, page 193)

Le silence est gardien de la sagesse, mais les lourdes plaisanteries et la frivolité précipitent un homme dans sa propre ignorance. Où règne l'ignorance, il n'y a pas de compréhension de Dieu.
Maximes des Prieurs
(Et l’homme créa un dieu, page 207)

L'ordre implique la loi. Ainsi posons-nous la formule qui aide à notre compréhension de l'ordre, nous permettant de prédire l'ordre, ou sinon d'en admettre la notion. Mais aller jusqu'à affirmer que la loi nécessite l'intention  est un autre problème. Cela, en effet, ne découle en aucun cas de l'existence de la loi. En fait, la conscience de l'éternité ouvre plutôt des horizons contraires. L'intention exige un commencement : d'abord l'intention, puis la loi. L'essence de l'éternité n'est ni commencement ni fin. Sans commencement, pas d'intention, pas d'éternelle motivation. Sans fin, pas de but ultime, pas de jugement. De ces données, nous posons en postulat que le péché et le crime, produits de l'intention, ne sont pas des dérivées constantes de l'éternité. Et, à l'extrême, des concepts tels péché-crime-jugement exigent des commencements, se présentant ainsi comme des segments de l'éternité. Ces concepts sont des moyens de traiter la loi finie, et, incidemment, de problèmes éternels. C'est ainsi que nous comprenons combien limitées et limitatives sont nos projections sur Dieu. 
Le Prieur Halmyrach (Le Défi de l'Eternité)
(Et l’homme créa un dieu, page 209-210)

L'envie, le désir et l'ambition limitent l'homme à l'Univers de Mãyã. Et quel est cet Univers ? Il n'est que la projection de son envie, de son désir et de son ambition.
Noah Arkwright (La Sagesse d'Amel)
(Et l’homme créa un dieu, page 221)

Un usage matériel du pouvoir peut détruire un ange. Telle est la leçon de la paix. L'amour de la paix et la recherche de la paix ne sont pas suffisants. Il faut aussi aimer son prochain. C'est ainsi que l'on apprend le conflit dynamique et amoureux que l'on appelle la Vie. 
Noah Arkwright (La Sagesse d'Amel)
(Et l’homme créa un dieu, page 224)

Ce n'est pas nécessairement une preuve d'amour que d'élever un mur autour de votre maître. Car comment peut-il alors observer ses serviteurs et veiller à ce qu'ils le servent sans arrière-pensée de récompense ? Non, mon fils, un mur est souvent oeuvre de peur et réservoir à poussière.
Maximes des Prieurs
(Et l’homme créa un dieu, page 227)

Comme Orne l'a précisé, le prophète qui réveille les morts renvois réellement le corps matériel dans un temps où il est vivant. L'homme qui va de planète en planète considère le temps comme une localisation spécifique ; sans le temps pour s'étirer à travers lui, il n'y a pas d'espace. Orne a créé notre univers comme une boule en expansion aux dimensions irrégulières. Ainsi, il a relevé mon défi et répondu à ma prière. Nous pouvons continuer à contempler notre univers à travers la grille de symboles que nous avons construite. Nous pouvons continuer à déchiffrer notre univers tel un vieil homme, le nez collé à la page. »
Prieur Halmyrach (Rapport confidentiel)
(Et l’homme créa un dieu, page 244)

Lorsque l'on est psi, on est psi pour toujours. Lorsque l'on est dieu, on peut choisir ce que l'on veut. Je m'incline devant vous, Révérend Prieur, devant votre bonté et votre instruction. Les humains sont à ce point conditionnés à considérer l'univers en termes de petits morceaux étiquetés qu'ils tendent à agir comme si l'univers était réellement composé de ces petits  morceaux. La matrice au travers de laquelle nous percevons l'univers doit être une fonction directe de cet univers. Si nous déformons la matrice, nous ne changeons pas l'univers ; nous ne changeons que notre façon de le voir. Comme je l'ai dit à Stet, on peut comparer cela à l'usage de la drogue. Si vous imposez une chose, y compris la paix, vous aurez de plus en plus besoin de cette chose pour vous satisfaire. Avec la paix, nous nous trouvons devant un terrible paradoxe : vous avez également besoin du contraste de plus en plus fort  de la violence. La paix vient à ceux qui ont développé le sens nécessaire à sa perception. Par reconnaissance envers cela, je tiendrai la promesse que je vous ai faite : l'humanité possède un compte illimité sur la Banque du Temps. Tout peut encore arriver. Lewis Orne au Prieur Halmyrach
P.-S. - Pourriez-vous faire enregistrer que je souhaiterais que cette inscription figure sur ma
tombe : Il a choisi l'infini par étapes finies. Nous appellerons notre premier fils Hal et le laisserons trouver lui-même une plaisanterie sur la signification de son nom. Je suis persuadé qu'Ag l'y aidera.
Amitiés,
Lewis Orne
(Et l’homme créa un dieu, page 249-250)

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire