mercredi 20 juillet 2016

Kanly



Kanly
  Une querelle formelle et hautement ritualisée ou une vendetta déclarée entre deux Maisons Majeures. Les règles du kanly furent fixées par la Grande Convention, principalement dans le but d'épargner les témoins innocents qui pourraient autrement être abattus dans une confrontation de Maison à Maison.
  Ce règlement avait été jugé suffisamment important par les rédacteurs de la Convention pour justifier sa description en détail dans vingt-cinq pages du manuscrit original ; elles détaillaient avec minutie la liste résultant de l’article XXIV de ce document. Une esquisse générale des règles du kanly est donnée ici.
  Le kanly pouvait être déclaré par un chef par intérim ou le titulaire d’une Grande Maison. Toute personne présentant une telle déclaration était tenue d’en aviser le Haut Conseil du Landsraad et la Cour Impériale, ainsi que le chef de la Maison contre laquelle le kanly était déclaré, afin qu’un Arbitre du Rite (ou juge du rite) puisse être nommé pour superviser les négociations du kanly. Une fois que le juge était nommé – autorisé par le Conseil et l’Empereur – les parties en présence et leur famille immédiate pouvaient ouvrir des négociations. Aucun observateur extérieur, en dehors du juge, ne pouvait assister à ces tractations.
  Ces négociations pouvaient prendre plusieurs formes. Si aucune des parties n’étaient prête à envisager une autre façon de résoudre les différents, les « négociations » consistaient alors en un combat personnel à mort, au couteau et sans bouclier. Même le combat était ritualisé, avec certaines expressions employées de chaque côté pour appeler l’autre. Lorsque l’un des deux combattants mourait, l’option du retrait du kanly ou la réouverture des négociations était laissé à la discrétion des héritiers. Il n’était pas rare, dans les kanly où les contentieux entre les deux Maisons étaient importants, que tous les héritiers soient anéantis. Lorsque cela se produisait, l’arbitre du rite était habilité à déclarer la fin de la Maison et à mettre les membres de la maison qui restaient  sous protection Impériale, et à redistribuer les actifs.
  Il est à noter que la Maison victorieuse ne recevait qu’une petite partie des biens de la Maison battue (cette parcimonie empêchait que le kanly ne devienne un moyen populaire pour s’enrichir ou faire des affaires). Une part beaucoup plus importante était attribuée à la couronne, sous le prétexte qu’elle devait « prendre en charge les survivants » de la Maison perdante.
  Si le combat n’était pas choisi, les kanly pouvaient se régler par l’accord de la Maison contestée qui répondait à certaines conditions fixées par la Maison déclarant. Ces termes, le plus souvent, incluaient le transfert d’un fief et des actions de la CHOM ou d’autres objets de valeur ; parfois la demande était faite pour obtenir la permission de se marier avec un membre de la Maison déclarant, avec l’intention évidente d’une prise de contrôle.
  Pour plusieurs raisons – le climat violent qui régnait parmi eux, à l’époque – l’approche du règlement par négociation était rarement utilisée. Le kanly, à l’exception des Maisons trop affaiblies ou sans beaucoup d’héritiers pour faire face au combat, étaient réglés par la lame.
  Une autre solution, rarement invoquée, existait également : l’interdiction de l’arbitre. Lorsqu’un juge du rite, agissant comme un individu ou un messager de l’Empereur ou du Conseil, il pouvait décider qu’un kanly était préjudiciable à l’Imperium dans son ensemble, une interdiction pouvait alors être mise sur les deux Maisons. Jusqu’à ce que l’interdiction soit levée, la Maison dont les membres avaient agi contre l’autre pouvait être déclarée coupable de trahison, dépouillée de tous ses biens et déclarée hors-la-loi. Face à ces conséquences possibles, les désirs les plus tenaces de combat s’évanouissaient ; l’interdiction était un moyen de dissuasion des plus efficaces.
  Historiquement, certains des exemples les plus célèbres de kanly incluent : Maison Ginaz vs Maison Sheay, en 6723 (Ginaz remporta le fief qu’elle perdit plus tard dans une Guerre des Assassins contre la Maison Moritani) ; Maison Alexin vs Maison Maros, en 8796 (ces Maisons ne furent connues que parce qu’elles s’éteignirent à la suite de combats personnels) ; et Maison Harkonnen vs Maison Atréides, en 10193 (invoqué par Feyd-Rautha Harkonnen contre Paul Atréides, en présence de Shaddam IV, le cas unique d’un Empereur agissant comme son propre arbitre du rite).

Autres références :
-          Grande Convention, La ;
-          Harkonnen, Feyd-Rautha.

mardi 19 juillet 2016

Jamis (10159-10191)



Jamis (10159-10191)
  Né au sietch Tabr ; fils de Deioces, connu pour sa férocité au combat, et de Madai, une femme douce et intelligente qui surveilla attentivement l’éducation de son fils. C’est elle qui insista pour que le jeune Jamis assiste aux conférences de Pardot Kynes sur « l’alphabétisation écologique ». Cette exposition précoce au charismatique Kynes, avait pu enflammer Jamis ; avec Pardot et, plus tard, Liet Kynes, le rêve de faire de la planète un paradis, devenait réalité. Peut-être que Jamis avait ressenti une affinité particulière pour l’homme qui avait sauvé la vie de son père ; en effet, Deioces avait été l’un des trois jeunes gens que Pardot avait secouru alors qu’ils étaient pris au piège des soldats Harkonnen. Jamis consacra alors sa vie à la vision de Kynes, celle de voir de l’eau livre, de plantes vertes poussant et d’un peuple marchant sans distille.
  Pour hâter le jour édénique promis, (dans les centaines d’années à venir), Jamis adopta avec enthousiasme les connaissances et les compétences nécessaires pour résoudre le problème de l’eau. Dans le sietch et dans le désert, il apprit vite à reconnaître avec précision les sables ; à lire le langage du vent ; à reconnaître les signes, qu’ils soient fait par l’homme ou l’animal, peu importe qu’ils soient fait sur les roches ou le sable ; de marcher silencieusement sur le sable ou sur la roche ; il apprit à distinguer les signaux des fremen, le chant d’un oiseau, ou le léger sautillement sourd d’une souris des sables.
  Cependant, tout ne fonctionnait pas. Jamis aimait les habituels jeux d’enfants – le jeu du caillou, les recherches dans le sable, les cercles et les carrés – mais son plus grand plaisir était la musique. Il avait essayé le tambour et la flûte à deux trous, mais il se fascina – et devint un habile joueur – pour le plus difficile de tous les instruments : la balisette à neuf cordes. Il la maîtrisa (il jouait le son des fougueux tourbillons du vent et le complexe chant des oiseaux). Et comme il s’appliquait à ses efforts, jamais fixa les prophéties et les légendes fremen, comme un distille absorbe l’eau du corps.
  Dans le système rigide des Faufreluches les fils étaient formés pour prendre la suite de leurs pères, et Jamis avait largement dépassé son père, à la fois dans ses compétences et ses connaissances. Même si, ce n’était qu’un jeune garçon, Jamis montrait des qualités qui pouvaient faire de lui un chef : la bavoure, la débrouillardise et, peut-être la plus importante, l’ambition – ainsi qu’un défaut majeur qui lui interdisait pour toujours d’avoir la charge d’un peuple : la mauvaise maîtrise de soi. Les dossiers du sietch traduits montrèrent que des mesures disciplinaires avaient été prises contre Jamis pour des infractions mineures concernant les pratiques tribales, toutes apparemment motivées par la colère ou l’impatience.
  Bien que les comptes rendus des activités de Jamis soient fragmentaires, on en conclue qu’il était un membre précieux de la tribu. Jamis avait eu la chance, pendant une courte période, de travailler avec Liet Kynes, probablement dans des expéditions à la recherche de d’essences végétales dans les régions peu connues du Sud. Et selon toute probabilité, il prit son tour parmi ceux qui livrait le pot-de-vin d'épice à la Guilde pour garder les cieux au-dessus Arrakis sans satellite.
  Sans aucun doute, la plus grande utilité que Jamis avait pour la tribu réside dans sa supériorité au combat ; comme raider, il était formidable. Stilgar, dans sa chronique, rend hommage à la bravoure et à la compétence de Jamis. Même si Stlgar avait battu une fois Jamis en combat, ce dernier n’hésita pas à sauver la vie de Stilgar au Trou-dans-la-Roche. Stilgar parle aussi de Jamis qui partagea son eau lors d’un siège à la Grotte des deux Oiseaux et de son vaillant sacrifice à l’Anse de la Falaise. Quand une patrouille surprit une troupe du sietch Tabr, Jamis enleva les blessés et fit en sorte qu’ils puissent être sauvés. D’autre part, la fureur qui l’animait lors des batailles l’avait aussi handicapée, Stilgar écrit : « Il y a trop de violence en Jamis pour qu’il puisse jamais faire un bon leader – trop de ghafla ».
  Toutefois, cette exubérance n’avait pas toujours jouée à son détriment ; elle lui avait valu d’être remarqué par une magnifique femme fremen, Harah, qui devint sa femme. Tout d’abord, il rencontra Harah lors d’une orgie tau, Jamis apprit que son compagnon s’appelait Geoff, et il le défia et le battit haut la main. Assez curieusement, la vie domestique de Jamis était tranquille, et c’était l’antithèse de la tumultueuse vie publique. Harah parle de lui avec amour, dans ses mémoires. Elle admet que « Jamis était prompt à la colère », mais il était un tendre amant et il savait s’enrichir, il ramenait beaucoup d’anneaux d’eau après ses sorties pour traquer les Harkonnen. Elle dit qu’il aimait leurs enfants ; Kaleff, fils de Geoff et Orlop, leur propre fils. Il ne faisait aucune différence entre eux et leur accordait la même attention pour leur éducation. Il enseigna à ses fils les règles de la discipline de l’eau et la façon dont les fremen combattaient ; puis il leur donna fièrement, le moment venu, comme son père avant lui, leur premier kys.
  Comme membre important du sietch Tabr, Jamis fut naturellement informé, comme le reste de la troupe qui avait été envoyée dans le désert, par un message distrans de Liet Kynes, qu’ils devaient rechercher les étrangers : Paul Atréides et Jessica. Quand la troupe les trouva au Bassin de Tuono, Jamis se méfiait des hors-monde et exhorta Stilgar à accomplir son devoir tribal : éliminer ceux qui n’étaient pas formés à vivre dans le désert. Bien que Stilgar ait été d’accord avec Jamis pour Jessica, il vit la valeur de Paul – « les possibilités », fut le terme qu’il utilisa dans son journal.
  Malheureusement, Jamis ne vit pas l’ampleur de cette possibilité ; il attribua son désarmement par Paul et la maîtrise de Stlgar par Jessica, à la « force de la sorcière ». Jamis avait du ressentiment à avoir été battu par un simple « enfant », il invoqua la règle de l’amtal dès qu’ils auraient atteint la Grotte aux Oiseau. Pas convaincu par les performances mystiques de Jessica, il revendiquait le droit de la tester dans la légende par le biais du combat avec son champion : Paul.
  Jessica et Stilgar essayèrent la persuasion et la ruse pour le convaincre autrement, mais Jamis persista. Bien que Jamis ait été un expert au krys avec l’une ou l’autre main, il n’avait pas été trempé aux manières détournées du Bene Gesserit et formé par des pointures comme Gurney Halleck et Duncan Idaho. Il n’avait aucune idée de la finesse exquise de l’habileté de Paul ; la mort de Jamis acheta à Paul son nom de sietch, Usul, et fit de lui un membre de l’ichwan bedwine avec le nom d’adulte de Paul Muad’Dib.
  Comme il convenait à un homme de sa position, Jamis eut des obsèques rituelles pleines. Paul reçut l’eau de Jamis, selon la coutume (à l’exception des dons funéraires), et la femme, Harah ; la tribu entière pleura correctement le passage de Jamis, car en effet, ils avaient tous perdu un membre en ce jour malheureux qui, par son caractère l'avait poussé à défier Paul Atreides. Les divers dossiers de sietches divers certifient la valeur de Jamis dans la société Fremen et son incarnation des meilleures qualités Fremen : la force, la superbe capacité de combat, la sagesse du désert, la loyauté tribale et le dévouement des rêves et idéaux fremen.

Les Chants de Muad’Dib, par la Princesse Irulan, préservèrent pour nous Le Chant pour Jamis sur la plaine funèbre :

Lutter avec des rêves
Ou contenir des ombres
Et marcher dans l'ombre d'un sommeil ?
Le temps s'est écoulé
Et la vie fut volée
Tu remues des vétilles.
Victime de ta folie
(O.K.)

Autres références :
-          Harah ;
-          Stilgar ;
-          Harah, Mémoires d’une femme de sietch, tr. Steewan Duunalazan (Topaz: Carolus UP);
-          Princesse Irulan Atreides-Corrino, Les chants de Muad'Dib, ed. J. Ruuverada Gabryel (Chusuk; Salrejina);
-          Stilgar ben Fifrawi, La chronique de Stilgar, tr. Mityau Gwulador, Etudes d’Arrakis 5 (Grumman: Les mondes unis).

samedi 16 juillet 2016

Jacurutu


Jacurutu

  Un légendaire sietch, déclaré tabou par les fremen de la génération d’avant le début de la transformation écologique de Kynes. Jacurutu était, du temps de la Régence Impériale d’Alia, devenu un mythe, son existence historique réelle, doublé de son nom invoqué comme une terrible leçon de chose dans la discipline de la conservation de l’eau, imprégnaient la société fremen.

  Le sietch Jacurutu fut habité par une tribu appelée les Iduali, « Insectes d’eau ». On l’appelait ainsi parce que ses membres n’hésitaient pas à voler l’eau des autres fremen – le plus odieux des crimes de droit, qui menaçait non seulement la survie de l’individu, mais celle de la tribu et, en fin de compte, celle des fremen en tant que peuple. Pour eux, c’était « adenb alaguil gual quibir » - le premier et le plus grand pêché. La gravité du crime était directement proportionnelle à la rareté de l’humidité sur le monde rude d’Arrakis. Cette rareté peut facilement être sous-estimée. Pour l’apprécier, il faut comprendre ce que Jacurutu représentait dans les mythes fremen : la trahison ultime.

  Les réponses multiples des fremen, à la rareté de l’eau, sont bien documentées. La conservation de l’eau était au cœur de la culture fremen – le centre de leurs lois, le rituel, les obligations sociales et les aspirations religieuses. Aucun aspect de la vie des fremen n’était affecté par ces derniers. Pour les fremen, l’eau était la vie. Par leurs crimes, les Iduali de Jacurutu violaient les valeurs fremen à tous les niveaux. La gravité de la transgression était, bien sûr, aggravée par le fait que les Iduali étaient également des fremen.

  Selon la légende, Jacurutu avait et agressé et son peuple anéanti, par l’alliance générale des tribus fremen. Par la suite, les Iduali furent chassés et leur sietch fut déclaré tabou. C’est sans doute à cause d’une certaine psychologie fremen que seuls les habitants de Jacurutu furent détruits, alors que les pièges-à-vent et autres appareils utilisés pour la collecte et le stockage de l’eau restèrent intacts.

  Au cours de la lutte pour le pouvoir qui précéda l’avènement de Leto II sur le trône impérial, il devint évident que Jacurutu n’était pas un mythe et que les « insectes d’eau » n’avaient pas été complètement anéantis. Bien que dispersés, le reste des Iduali s’étaient regroupés après de nombreuses années et ils devinrent des passeurs de mélange et de vers des sables dans des expéditions hors-monde. Avec la fausse fierté des gens justement persécutés, ils jurèrent vengeance à tous ceux qui n’étaient pas des Réprouvés. Tous ceux qui avaient le malheur de découvrir leurs sanctuaires étaient assassinés et leurs corps envoyés au distille de mort. Ces sanctuaires se trouvaient à deux endroits : Jacurutu lui-même, alors connu sous le nom de Fondak – un lieu de « passeurs » à la localisation incertaine ; et Shuloch. Tous les deux jouissaient d’une certaine sécurité – Jacurutu, parce que c’était un lieu tabou ; Shuloch, parce que, comme un autre sietch mentionné dans l’histoire, son existence réelle était sujet à caution et sa localisation inconnue.

  Jacurutu émergea du mythe pour retrouver une place dans l’histoire contemporaine pour deux raisons, durant les derniers jours de la Régence Impériale. On découvrit que Muad’Dib, Paul Atréides aveugle, avait trouvé le sanctuaire. Et Leto II, fils de Muad’Dib avait subi le terrible jugement pour possession.

  Muad’Dib et les réprouvés de Fondak fondèrent une alliance contre nature. Paul Atréides, aveugle, était partit dans le désert pour y mourir, du moins en apparence, mais il réapparu comme le Prêcheur, dont les sermons avaient pour but de purifier la religion fanatique fondée sur son propre mythe et que, plus tard, Alia et son clergé transforma en un instrument cynique du pouvoir politique. Lorsqu’il arriva à Fondak/Jacurutu, Paul était presque un homme brisé. Les Réprouvés reconnurent sa valeur et lui permirent de rester en vie dans l’espoir de l’affaiblir d’avantage et de l’utiliser comme un instrument de vengeance. Paul, comme les Réprouvés, étaient des rebelles contre le gouvernement impérial et Jacurutu, Paul encouragea le trafic illégal de vers des sables vers des climats désertiques similaires, dans l’espoir qu’ils se développeraient et casseraient le monopole d’Alia sur l’épice. Mais, selon ses propres termes, Paul « ne leur donna jamais une seule de ses visions » qu’ils auraient pu utiliser pour leurs propres desseins. Pourtant, en tant que Prêcheur, il avait besoin d’un refuge, et seul Jacurutu pouvait lui offrir ce lieu.

  Leto II, selon ses propres visions, se rendit à Jacurutu, à la recherche de son père. Il trouva Gurney Halleck qui, sur ordre de Dame Jessica liguée avec le Bene Gesserit, le força à se soumettre au jugement de Possession par administration de surdoses d’essence d’épice. Leto survécut à l’épreuve et, ironiquement, ce fut le jugement lui-même qui lui ouvrit la voie du Sentier d’Or. Par la maîtrise de ses voix intérieures, Leto fut en mesure de passer à l’étape suivante sur le Sentier, fusionnant avec un ver des sables pour devenir l’incarnation humaine de Shai-Hulud et porter dans sa conscience le spectre entier de l’histoire humaine. M.T.